Cinéma & Séries
Six personnages, trois actrices chacun: le grand jeu des remakes
Marie-Antoinette, Belle, Alice ou Morticia: certains personnages ont été incarnés par trois actrices différentes. Petit tour d'horizon des réussites et des ratages.
Par Léa Vermeulen · 21 juillet 2026 · 6 min de lecture
Article de divertissement. Les faits cités proviennent de sources publiques et de la presse spécialisée; les photographies sont illustratives.
Toute histoire qui mérite d'être racontée mérite de l'être un million de fois: telle semble être la philosophie de Hollywood, ce qui explique que les mêmes films reviennent inlassablement sur les écrans. Toutes les versions ne se valent évidemment pas: certaines bénéficient de moyens plus généreux, et une comédienne peut convenir bien mieux qu'une autre à un rôle donné. Nous avons cherché des trios de films où trois actrices différentes ont endossé le même personnage, et en avons retenu six.
Marie-Antoinette, trois reines à l'écran
Michèle Morgan — "Marie-Antoinette reine de France" (1956)
Michèle Morgan est considérée comme l'une des plus grandes actrices françaises du XXe siècle, avec une carrière qui s'étend de 1935 à 1999. Elle a reçu plusieurs distinctions pour l'ensemble de son œuvre, dont une étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Son incarnation de Marie-Antoinette a été saluée par la critique et le film a concouru pour la Palme d'or au Festival de Cannes 1956.
Kirsten Dunst — "Marie-Antoinette" (2006)
Réalisé par Sofia Coppola, le film de 2006 a décroché l'Oscar des meilleurs costumes. Les critiques, elles, ont été partagées. L'une d'elles comparait le film à un clip de musique populaire, avec une Kirsten Dunst en adolescente écervelée cherchant à se rendre populaire. La bande originale résolument moderne et les libertés prises avec l'Histoire ont hérissé une partie de la presse, quand d'autres y voyaient une satire assumée.
Diane Kruger — "Les adieux à la reine" (2012)
Cette version de 2012 est racontée du point de vue de Sidonie Laborde, jeune servante de la reine. Contrairement aux deux autres films, l'intrigue ne tourne donc pas autour de la Marie-Antoinette de Diane Kruger. L'accueil critique a été favorable, un journaliste qualifiant le film de "tendu" et "captivant".
Belle, de 1946 à Disney
Josette Day — "La Belle et la Bête" (1946)
Reconnu comme un classique du cinéma français, le film impressionne par une musique et des effets visuels en avance sur leur temps. Le magazine Empire le classe au 26e rang des 100 meilleurs films du cinéma mondial. Le seul vrai reproche formulé par certains critiques: une demi-heure de trop.
Léa Seydoux — "La Belle et la Bête" (2014)
Cette relecture du conte français traditionnel divise. D'un côté, elle a récolté quelques nominations dans des prix européens et rencontré le succès au box-office. De l'autre, si certains ont salué son ambition, d'autres l'ont jugée ennuyeuse.
Emma Watson — "La Belle et la Bête" (2017)
Des trois, la version de 2017 est considérée comme la meilleure. Elle a obtenu deux nominations aux British Academy Awards et deux aux Oscars, pour les meilleurs décors et les meilleurs costumes. La prestation d'Emma Watson a été largement saluée et le film figure aujourd'hui au 10e rang des plus grands succès de tous les temps.
Alice, du merveilleux au brouillon
Kate Beckinsale — "De l'autre côté du miroir" (1998)
"Alice au pays des merveilles" est un roman passablement hallucinatoire, et les adaptations ont souvent versé dans des scènes terrifiantes. Cette version-là est en revanche parfaitement adaptée aux enfants, Kate Beckinsale y diffusant bonne humeur et légèreté au fil d'une aventure inattendue.
Mia Wasikowska — "Alice au pays des merveilles" (2010)
Vu le battage médiatique et les photos intrigantes du Chapelier fou incarné par Johnny Depp, cette relecture signée Tim Burton promettait beaucoup. Ce fut pourtant l'un des films les plus creux de 2010. Ni l'intrigue réinventée, plutôt que l'énième ressassement de la même histoire, ni les effets spéciaux chatoyants n'y ont changé quoi que ce soit.
Keira Chansa — "Come Away" (2020)
La jeune Britannique Keira Chansa est une actrice attachante et le film ne manque pas de moyens, mais le scénario est un assemblage incohérent. Il mêle des éléments d'"Alice au pays des merveilles" et de "Peter Pan" sans jamais mener nulle part.
Morticia Addams, l'élégance macabre
Carolyn Jones — "La famille Addams" (série, 1964-1966)
Le rôle de Morticia a donné un coup d'accélérateur à la carrière de Carolyn Jones: il lui a valu une nomination aux Golden Globes et l'a installée comme comédienne de comédie. Elle a ensuite incarné des méchantes dans la série "Batman" ainsi que dans "Wonder Woman" dans les années 1970.
Anjelica Huston — "La famille Addams" (1991)
Grande admiratrice de Morticia, Anjelica Huston s'est dite honorée de l'interpréter. Elle a expliqué s'être inspirée de son amie Jerry Hall pour insuffler un peu de chaleur au personnage. Ses efforts lui ont valu une nomination au Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie ou un film musical.
Ellie Harvie — "La nouvelle famille Addams" (série, 1998-1999)
Si cette relance de la série a été un échec complet, avec un arrêt après une seule saison, Ellie Harvie a tout de même décroché une nomination aux Canadian Comedy Awards dans la catégorie meilleure actrice de série télévisée.
Catherine Earnshaw et les Hauts de Hurlevent
Juliette Binoche — "Les Hauts de Hurlevent" (1992)
La critique n'a pas fait de cadeau: "déprimant", "répugnant à l'extrême", et même "un film qui n'aurait jamais dû exister". La prestation de Juliette Binoche y est qualifiée d'"hésitante". Sévère.
Charlotte Riley — "Les Hauts de Hurlevent" (série, 2009)
Les avis sur cette série britannique en deux volets de 90 minutes ont été partagés. À son crédit, comme le relevait un critique, le format sériel était plus pertinent qu'un long métrage: le roman compte bien trop de personnages pour un film classique.
Kaya Scodelario — "Les Hauts de Hurlevent" (2011)
Cette adaptation a été saluée par la critique, Andrew O'Hehir de Salon.com la plaçant en tête de son classement des dix meilleurs films de 2012. Elle a remporté plusieurs prix, dont celui de la meilleure photographie à la Mostra de Venise.
Marilyn Monroe, icône réincarnée
Sophie Monk — "The Mystery of Natalie Wood" (2004)
Ce film biographique est consacré à Natalie Wood, Sophie Monk n'y tenant qu'un petit rôle, celui de Marilyn Monroe. Elle n'apparaît à l'écran que quelques minutes.
Michelle Williams — "My Week with Marilyn" (2011)
Le film se déroule durant une semaine de tournage sur le plateau du "Prince et la danseuse", véhicule taillé pour Marilyn Monroe en 1957. Michelle Williams y a été assez convaincante pour décrocher une nomination au Golden Globe et à l'Oscar.
Ana de Armas — "Blonde" (2022)
Sorti en 2022 sur Netflix, Blonde a valu à Ana de Armas une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice. Déjà remarquée pour À couteaux tirés (nomination au Golden Globe en 2019), elle y incarne une Marilyn Monroe fictionnelle, entre biopic et cauchemar hollywoodien.
Toute histoire qui mérite d'être racontée mérite de l'être un million de fois: telle semble être la philosophie de Hollywood.